
Légende : Photo prise avant de prendre le départ.
En 2020, la pandémie de Covid-19 aura forcé l’annulation de plusieurs événements organisés de course à pied. Cette situation hors de notre contrôle nous aura forcé à se réinventer. C’est alors que le 27 mai 2020, j’ai créé « La classique McCann Ultramarathon » qui consistait en une course sur route de 55 km (Aller-retour entre Baie-Comeau et Ragueneau) et que j’ai nommée en référence à la ministre québécoise de la santé de l’époque Danielle McCann. Bien que ce n’était pas un événement officiel, cette course de 06:07:01 était mon premier Ultramarathon. Quelques mois plus tard, les assouplissements dans les mesures sanitaires m’auront permis de prendre part à mon deuxième Ultramarathon (Premier officiel) lors du « Beluga Ultra Trail » qui avait lieu dans le majestueux sentier du Fjord du Saguenay où j’ai complété un 45 km (Dénivelé positif de 2290 mètres) en sentier en 09:09:57.
Lundi 7 juin 2021
Après une journée sur la route, la température chaude et humide se fait ressentir à Baie-Comeau. Je dois commencer à réfléchir à mon défi de type « Ultra Trail » pour remplacer ma participation au 50 km du « Trail la clinique du coureur » qui devait avoir lieu samedi le 5 juin. C’est alors que je prend part à une sortie de course en sentier dans le boisé derrière le Cégep de Baie-Comeau. 7,2 km à réfléchir à ce défi tout en gambadant tranquillement, je décide que le défi se déroulera le samedi 12 juin 2021. Pour ce qui est de la formule, deux options me trottent en tête :
1- Une boucle qui emprunte le boisé derrière le Cégep de Baie-Comeau, le sentier des embruns, le boisé de la Pointe-Saint-Gilles, le sentier de VTT (Pour le retour) et peut-être le sentier de la rivière Amédée (Dépendant du kilométrage parcouru).
2- Un parcours de type « Backyard Ultra » où je sillonnerai les sentiers derrière le Cégep de Baie-Comeau jusqu’à l’atteinte d’une distance entre 50 et 60 km.
La première option représente un défi au niveau de la logistique et du ravitaillement alors que la deuxième option représente un défi au niveau mental dû à la répétition. Au moment de me mettre au lit, je n’ai aucune idée de l’option à choisir.
Mardi 8 juin 2021
Nous sommes en après-midi, la température est très chaude, ma voiture indique 31 degrés Celsius, je me dirige vers les sentiers de la rivière Amédée. 41 minutes plus tard, j’ai complété un 7,5 km difficile où je me suis fait attaquer par une perdrix. Je ne savais pas que c’était possible, c’est assez surprenant !
Mercredi 9 juin 2021
3h45, le réveille-matin sonne afin de pouvoir débuter ma course sur route à 4h avant d’aller au boulot. Après un début de semaine difficile à cause de la chaleur, cette sortie de 10,1 km sous une température fraîche m’a réconcilié avec mon projet d’Ultra Trail à venir au cours du week-end.
Jeudi 10 juin 2021
Pour un deuxième matin consécutif, mon réveille-matin sonne à 3h45 afin de me permettre de prendre part à une dernière sortie préparatoire à la grande épreuve avant d’aller au boulot. Cette sortie dans le sentier qui sillonne la berge de la rivière Manicouagan m’a permis de réfléchir à la finalité de ce qui sera « Le classique McCann Ultramarathon (2e édition) ». Après avoir analysé les prévisions météorologiques et autres facteurs, je décide que l’événement / défi se tiendra le vendredi 11 juin et je vais opter pour un aller-retour en sentier qui part de la maison de la faune située à l’entrée de la ville de Baie-Comeau jusqu’à la plage Champlain, empruntant le sentier du parc Manicouagan, les sentiers du Cégep de Baie-Comeau, le sentier des embruns et le boisé de la Pointe-Saint-Gilles.
Vendredi 11 juin 2021
C’est le jour J, le réveille-matin sonne à 4h. Après un sommeil plus ou moins réparateur, je décide de repousser le réveil à 5h. L’inquiétude commence à m’envahir puisque j’ai clairement négligé les sorties en sentier et le dénivelé positif depuis le début de l’année 2021. Je mange un léger déjeuner accompagné d’un bon (ou terrible au goût de plusieurs) café Maxwell House tout en regardant des faits saillants de mes combattants d’arts martiaux mixtes préférés Michael Chandler, Daniel Cormier et Michael Bisping ainsi que du lutteur professionnel Bret « The Hitman » Hart en guise d’inspiration afin de me motiver à débuter cette épreuve qui ne sera pas de tout repos.
C’est à 6h28 précisément que j’ai pris le départ à la maison de la faune de Baie-Comeau. Les premiers 9 kilomètres, du point de départ jusqu’à l’entrée du sentier des embruns en empruntant le parc Manicouagan et les sentiers du Cégep de Baie-Comeau, se passent majoritairement sous la barre des 6 minutes du kilomètre, tout est sous contrôle. Le sentier des embruns étant plus technique, ma vitesse a beaucoup diminuée. J’ai profité de ce ralentissement afin de me ravitailler, regarder les magnifiques points de vue et prendre quelques photos. À 8h34, après avoir parcouru 14,64 km, je prends une petite pause afin de donner signe de vie à mes proches. Je complète ensuite le sentier des embruns, je vais faire le plein de mes gourdes d’eau chez un couple d’amis et j’entreprends le boisé de la Pointe-Saint-Gilles. À 10h04, après avoir parcouru 21,84 km, je prends une pause à la plage Champlain. C’est alors que je réalise que je devrai sillonner d’autres portions du boisé car je n’ai pas suffisamment parcouru de kilomètres pour faire un aller-retour linéaire. Je parcours alors le sentier du versant sud, je contourne l’étang des canards et je me rends derrière le centre Henri-Leonard avant d’amorcer officiellement le chemin du retour. Je me cogne le gros orteil droit sur une racine à 2 reprises à l’intérieur de 10 secondes, ce qui mets ma patience à l’épreuve, m’amenant à aligner quelques blasphèmes sous le coup de l’émotion.
Sur le retour, sur la petite portion d’asphalte du boulevard Arthur A. Schmon reliant le boisé de la Pointe-Saint-Gilles et le sentier des embruns, je vais me ravitailler à nouveau en eau potable. Les prochains kilomètres où j’alterne course et marche vont rondement jusqu’à ce que je me fasse attaquer par une perdrix à la distance de 34,8 km. Deux fois dans la même semaine, j’étais assez surpris par cet événement cocasse. Par la suite, à la fin du sentier des embruns, je ressens une douleur étrange au pied gauche, ça ressemble à une ampoule qui vient d’éclater. Je serre les dents et je sillonne le boulevard Joliet au pas de course jusqu’aux sentiers derrière le Cégep de Baie-Comeau. J’y vais d’une alternance course et marche tout en prenant le temps de remercier 3 bénévoles qui étaient en train d’apporter des améliorations à un sentier. Je donne un dernier coup de cœur en y allant d’intervalles 600m course / 400m marche dans le sentier du parc Manicouagan. Le périple se termine après 50,29 km (D+ de 889 m) et 08:48:04 de course, je suis accueilli à la maison de la faune par mes parents et mon chien. Étant un geek de lutte professionnelle, je déballe ma réplique de la ceinture de champion du monde de la WWE des années 80 & 90, la « Winged Eagle », qui était un symbole d’excellence à l’époque. Il s’agit de la récompense alias la médaille de participation que je m’étais promise en lien avec « La Classique McCann Ultramarathon (2e édition) ».

Quelques heures après, je déguste mon repas St-Hubert, étant raqué solidement et ayant de la difficulté à marcher. C’est en quelque sorte la rançon de ce genre d’épreuve. C’est la première fois dans ma carrière de coureur / sportif amateur où je suis raqué à ce point. J’en arrive à la décision de prendre un congé d’entraînement de 9 jours afin de laisser au corps et l’esprit la possibilité de récupérer.
Voici la carte du parcours :

J’encourage tous ceux et celles qui le désirent à participer aux 2 épreuves de « La Manicouagan en mouvement » qui offrent plusieurs distances intéressantes autant pour les débutants que les plus avancés :
Le défi « Trail du boisé » (27 juin).
Le défi « Je bouge, je cours » (4 juillet).
Tout les détails se trouvent sur leur page Facebook.
En terminant, je tiens à remercier tous ceux et celles qui m’ont inspiré, encouragé et félicité ! Vous êtes importants dans mon parcours !
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